
Inde
भारत गणराज्य
Bhārat Ganarājya
Une ruelle du Rajasthan
Delhi, jeudi 13 juillet 2006
Coucou à tous,
Delhi, 10h AM (+ 3h30 par rapport à Paris) : Après un vol luxueux sur la compagnie qatarie, le choc culturel à la sortie de l’aéroport a à peine eu le temps de se produire que l´on arrivait dans la famille de Poonam dans un quartier résidentiel de la ville. Le taxi a quand même croisé une vache sur la route et malgré l´heure matinale, des vélos et rickshaws faisaient la course avec les 4x4 et les bus destroy. Le décalage est total. Il fait chaud et humide. Le ciel est un ciel de mousson très chargé, gris et bas.
Dès demain, nous quittons Delhi pour la ville natale de la famille (une nuit de bus) près de Jodhpur. Nous sommes au courant des attentats de Bombay. Le père de famille ne semble pas s´en inquiéter outre mesure. Il nous dit juste que ceux-là sont plus meurtriers que ceux des autres années. Les Indiens sont persuadés qu´il s´agit de groupuscules pakistanais. On attend de voir l´évolution des relations entre les deux pays, tranquillement en Inde. Visiblement, ils veulent apaiser les esprits. Rien ne devrait sensiblement changer. Nous avons prévu d´appeler les ambassades françaises au Pakistan et pakistanaise en Inde pour s´assurer de la faisabilité du parcours sur la Karakorum Highway. A noter que l´on ne traverse pas la partie du Cachemire disputée par les deux pays et que comme prévu nous ne comptons pas nous arrêter dans les grandes villes et rassemblements.
On prend maintenant notre breakfast indien et on va se promener en ville... On va en prendre plein la vue ! Gros bisous à vous. N´hésitez pas à nous répondre. Pour le moment, on a Internet.
Maud et Cyril.
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Jaipur, dimanche 16 juillet 2006
Coucou à tous,
Depuis hier, nous sommes liés par une alliance (de pacotille) qui n’a aucun sens en Inde. Nous sommes aussi habillés à l’Indienne, ce qui vaudra aussi pour le Pakistan. Cyril a du succès chez les Indiens. Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne parle pas Hindi et que l’on est tous les deux Français. Depuis ce matin, nous sommes tous seuls pour affronter le chaos indien. Nous avons pris un bus pour Jaipur, grande cité du Rajasthan. Nous retrouverons la famille de Poonam à Delhi dans deux ou trois jours. Après ces quelques mots, nous allons nous mettre en quête d’un hôtel (avec air conditionné) et de quoi manger. Pour le moment, aucun problème de ce côté. Mais aussi, nous mangions dans la famille et ils faisaient attention à cuisiner avec de l’eau correcte.
On vous aime et on pense à vous.
Maud et Cyril
Embouteillage à Jaipur
Jaipur, mercredi 19 juillet 2006
Coucou à tous,
Nous sommes toujours à Jaipur, on se récupère dans un hôtel sympa et clean et on mange bien. On commence à s’habituer à l’agitation des rues, même si la vision de la misère est toujours aussi difficile. Maud en fait des cauchemars. L’Inde s'apprécie surtout lorsqu’on sort du trafic pour prendre de la hauteur - un Indien nous a fait monter sur le toit de sa maison, en plein centre-ville, et on a pu admirer le spectacle en étant enfin COOL. Traverser une rue est un vrai défi. Hier on a passé une très belle journée sur les forts dressés sur les collines autour de la ville, c’était fascinant. Les architectures des palais et temples sont tellement nouvelles et magiques. Sinon, la rue est aussi un zoo : singe, éléphant, buffles, chameau, en plus des animaux déjà cités dans l'autre mail !

Programme : Retour à Delhi demain, où l'on retrouvera la famille de Poonam. On vous enverra un CD de photos (non triées et pour beaucoup floues à cause d’un problème de réglage, mais il y aura ce qu’il faut pour le blog). Avant d’aller au Pakistan, nous passerons encore quelques jours en Inde, sûrement au nord de Delhi où il fait plus frais, en montagne. On rentrera au Pakistan (ville de Lahore) autour du 25 juillet.
Bisous
Cyril et Maud
_______________________________________________________________________Mail d'étape reçu le samedi 22 juillet 2006
INDE - 13 au 22 juillet 2006
Bonjour à tous !
Quelques nouvelles en direct de l´Inde, où nous avons atterri, il y a maintenant plus d´une semaine.
DELHI et RAJASTHAN, Inde - Premières sensations, 13 au 22 juillet 2006
Le 13 juillet, réussissant à vaincre l´endormissement du chauffeur de taxi (quatre heures du matin), nous sommes chaleureusement accueillis à Delhi par nos amis indiens. Après un peu de repos, nous les suivons dans leur maison familiale au Rajasthan. Aux portes du désert du Thar, des villes comme Bikaner et Dungargarh ont été construites dans la poussière des dues, au milieu de nulle part. 
Le sable y est tellement fin qu´il s´immisce partout dans les yeux, le nez, la bouche, les vêtements...Mais sa couleur ocre fade ne parvient pas à masquer le chatoiement des saris des femmes rajasthani. Dans les bazars, les tissus les plus colorés se disputent les devantures. Nous passons à Dungargah quelques jours très lazy, étant donnés les 44° C ambiants, à discuter autour d´un tchaï (thé noir épicé avec du lait) chez les amis, les voisins ou les deux. Un professeur respecté - car tous le sont - nous enseigne quelques notions d'Hindi entre deux histoires de civilisation rajasthani. La mousson n'apporte pour le moment que des tempêtes de sable, mais pas de pluie. Les gens prient tous les jours. Ils n'ont aucune chance d'avoir des pluies en dehors de cette période.
Ambiance ensablée à Dungargarh
Puis, nous prenons notre envol, seuls, dans les rues de Jaipur, la cité Rose du Rajasthan. Là, nous apprivoisons doucement la rue ou plutôt nous sommes apprivoisés par la rue...La rue indienne est une fourmilière géante, où se nouent et se dénouent bien des histoires. Chacun vaque à ses occupations, chacun semble connaître la tâche qu'il doit accomplir. Entre rickshaw, bus, voiture, vélos, les piétons se frayent difficilement un passage, parfois sur les mains quand les jambes ne sont déjà plus là. Entre vaches, chameaux, chiens, porcs, détritus et excréments, nous voyons dormir des hommes. Nous voyons des chiens auxquels ils manquent des morceaux de chair, des hommes malades qui s'endorment ou meurent au milieu de la chaussée. Et des femmes. Et des enfants... On a tous déjà vu ces images, c'est pourtant difficile de s'y faire. Les odeurs sont parfois trop fortes, l'agitation trop intense, le bruit trop percutant. Parfois, il nous semble ne plus rien maîtriser... Les Indiens de classe moyenne se déplacent surtout en rickshaw, car c'est réellement épuisant de marcher au milieu de ce chaos organisé.
Nous avons pris l'habitude de trouver une colline, un toit (souvent grâce aux habitants qui eux-même se réfugient loin des rues) pour retrouver un peu de sérénité. Jaipur est une ville magnifique, entourée de collines sur lesquelles se dressent des forteresses et des palais aux architectures très nouvelles pour nous. C'est majestueux. Surtout lorsque l'on voit des éléphants et des buffles prendre un bain en nous penchant à la fenêtre d'un des nombreux palais. Après un dernier coucher de soleil sur le temple des singes, au milieu de centaines de primates en totale liberté, nous prenons un bus pour retourner à Delhi. Delhi que nous allons fuir dès ce soir, en quête de fraîcheur et de montagnes. Nous prévoyons quelques jours dans le village du Dalaï Lama, au nord de Delhi. Au-delà du temple - touristique - nous voulons nous perdre un peu dans la verdure des montagnes. Nous quittons nos amis indiens avec un peu de regret mais très reposés et avec l'envie d'avancer. Pour le moment, aucun problème de santé. Même les moustiques nous laissent tranquilles.
Sur les toits de Jaipur
Programme :
Nous prévoyons d'entrer au Pakistan, à Lahore, jeudi prochain. Nous devrions profiter un peu de l'ambiance très culturelle de la ville avant de partir sur la KKH au-dessus d'Islamabad pour traverser le Nord du Pakistan. La nuit du jeudi est la fête hebdomadaire des musiciens et chanteurs soufis. Les récents attentats de Bombay ont augmenté la surveillance militaire au niveau de la "line of control" (frontière disputée entre l'Inde et le Pakistan, dans le Cachemire). Nous ne passerons pas cette ligne, ni de près, ni de loin, nous passerons bien au-dessus, à Gilgit. Des touristes français ont emprunté sur cette route en juin 2007. Sans aucun problème, la route était en très bon état et les bus aussi ! Grâce à nos amis indiens, nous avons désormais des contacts à l'Unicef du Kirghizstan où nous pourrons probablement être accueillis dans la capitale.
On pense à vous. N'hésitez pas à nous envoyer des nouvelles. Ici, les ordinateurs sont un peu démodés, nous ne pouvons pas toujours télécharger nos photos. Il faut dire qu'on est exigeants, il nous faut un XP ou 2000 en plus d´une prise USB (possible dans les hôtels trois étoiles partout dans le monde, mais bon…). Cela dit, nous avons envoyé des photos à nos parents en CD et ils vont essayer de faire un blog (ils sont plus modernes que nous deux) !
Maud et Cyril
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Mail d'étape reçu le mardi 29 août 2006
INDE - 22 au 26 juillet 2006
Namasté !
Que de jours se sont écoulés depuis nos dernières nouvelles indiennes, et que d'encre a coulé sur les pages de notre petit carnet de voyage...
Rassurez-vous : TOUT VA BIEN ! Nous sommes désormais dans l'extrême ouest de la Chine, à Kashgar, la ville mythique carrefour des antiques routes de la soie. Mais nous avons surtout passé un mois fabuleux au Pakistan, un pays qui nous a émerveillés par son hospitalité et ses paysages grandioses. Les connexions Internet y font cependant cruellement défaut, d'où notre mutisme électronique... Vous aurez donc le droit à plusieurs messages descriptifs de suite, pour rattraper le retard de nos aventures ! Retour dans le temps, donc.
DHARAMSALA, Inde - Le petit Tibet, 23 au 25 juillet 2006
Dans notre mail précédent, nous partions dans un état himalayen de l'Inde, l'État de l'Himachal, afin de se rafraîchir de la chaleur insupportable quotidienne de Delhi et du Rajasthan. Le bus pour Dharamsala devait donc être salutaire, malgré une nuit blanche mouvementée, puisque, calés dans le fond du car, nous devions absorber les soubresauts infernaux dus à la route en nids-de-poule et au trafic encore une fois survolté de la route. Le conducteur nous a encore fait bien peur, surtout au petit matin lorsque le jour levant a fait découvrir les ravins bordant la route ! Dharamsala est une petite ville de montagne (1800 m), touristique, où les Indiens cherchent l'air frais, les étrangers la détente et les Tibétains l'exil. Le premier d'entre eux, le Dalaï Lama y habite et nous avons manqué de peu son anniversaire. Donc, pas vu. Mais les moines déambulent en petits promeneurs du dimanche, le pas tranquille et le parapluie à la main. Nous avons vécu de belles pluies dignes de la mousson tant redoutée pour les novices. La fraîcheur était au rendez-vous, mais la brume épaisse nous a voilé les montagnes couvertes de jungle. Ambiance mystérieuse, puisque, dans le brouillard, les singes descendaient des arbres avec un air fier, prêts à défier le promeneur trop curieux.
Mais, comme un dimanche mouillé en Normandie, la visite du musée s'est imposée et nous avons découvert l'histoire émouvante et consternante de l'exil des Tibétains en Inde, fuyant l'oppression physique et morale des Chinois (aujourd'hui encore) pour traverser des glaciers en baskets et sandales et risquer la perte de leurs pieds, gelés. Une histoire atroce et longue de 50 ans, présente dans l'esprit de tous, mais bien plus poignante devant les témoignages photos et les interviews du musée. Aujourd'hui, la fuite continue, mais l'Inde n'accepte que les Tibétains épuisés physiquement, ceux qui peuvent marcher sont renvoyés dans leur enfer chinois. Heureusement, la communauté en exil fait une campagne d'information remarquable permettant de faire vivre un petit Tibet en Inde, depuis les marchands et hôtels de Dharamsala aux écoles et dispensaires de Delhi. Après deux jours de pluie incessante, nous avons finalement aussi opté pour la fuite, et nous avons rejoint Amritsar, dans l'État du Penjab, à 300 km de Daramshala, tout près de la frontière pakistanaise.
AMRITSAR, Inde - Ville sainte au temple fascinant, 25 et 26 juillet 2006
Devant le Temple doré d'Amritsar
L'état du Punjab, c'est le QG des Sikhs. Pour ceux qui ne le
connaissent pas, le sikhisme est une religion récente (600 ans) née en
Inde et rassemblant à l'origine des Hindous et des Musulmans dans le
souci d'une société plus égalitaire et plus unie spirituellement. Il en
résulta un refus du système de caste et la croyance en un Dieu unique.
Physiquement, on reconnaît un Sikh par son énorme turban où sont rangés
ses longs cheveux jamais coupés et par sa barbe très fournie jamais
taillée, mais souvent élégamment peignée. Sous sa tunique, il cache une
épaisse ceinture, un caleçon qui a son importance et une dague qui a
créé des conflits dans les écoles québécoises qui interdisent le port
d'armes blanches. Le turban a aussi fait frémir quelques établissements
français lors de la sortie de la loi sur la laïcité - quoique les Sikhs
sont rares en France. Revenons à Amritsar.
Son temple
couvert d'or est un chef-d'œuvre du Sikhisme. Flamboyant dans la nuit,
se reflétant dans une vaste piscine à l'eau garnie de jolis poissons
exotiques, il est une merveille incontournable. Situé au cœur d'une
enceinte gigantesque au terre-plein carrelé de marbre et entouré de
minaret et de murs de fine architecture, il accueille des milliers de
Sikhs et les autres sont chaleureusement bienvenus. Ce fut un plaisir
de se laisser aller sur les dalles autour de la piscine, nus pieds et
le sourire aux lèvres. Informés par de gentils serviteurs du temple,
nous avons été manger gratuitement un bon plat de dal (purée de
lentilles typiquement indo-pakistanaises), du riz et des chapatis (pain
plat aussi typique). C'est un devoir du temple que de servir de la
nourriture 24 h sur 24 à qui le souhaite. Nous sommes donc restés des
heures jusqu'à la nuit noire dans ce lieu animé, tantôt suivant les
rituels précis (gâteau à partager avec les prieurs, écoute des
incantations du soir), tantôt flânant près de l'eau ou au pied des
minarets. Décidant de franchir le lendemain la frontière pakistanaise,
nous avons donc clos notre courte visite de l'Inde par une soirée
délicieuse qui nous a presque fait oublier la chaleur éprouvante et le
trafic frénétique de ses villes surpeuplées.
Cyril et Maud
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